COMMENT AI-JE FAIT POUSSER MA GRAINE D’ART?

         Il y a quelque temps, j’ai lu quelque part que lorsqu’on est un adulte qui a du mal à trouver sa vocation, il y a de fortes chances qu’on en trouve des signes évidents en fouillant dans son enfance. Si l’on est trop paresseux pour le faire, on se contente de chercher un emploi.

C’est exactement ce que j’ai fait. Avant de chercher ma vocation, je me suis longtemps accroché à un emploi pour finir par me rendre compte que ma vocation était à portée de main.

Tout d’abord, vous vous demandez peut-être « Quelle est la différence entre un emploi et une vocation? ».

 

Eh bien, selon le dictionnaire Larousse et divers autres dictionnaires :


Un emploi est « un travail rémunéré dans une administration, une entreprise ou chez quelqu'un » ou un « travail ou une fonction confiée à une personne, moyennant rémunération ».


Tandis qu’une vocation est « l’inclination (ou le penchant naturel) pour une certaine carrière ou profession et se traduit par un fort sentiment d’aptitude et de plaisir à exercer ces derniers ».

 

Je ne vais pas vous mentir; les premières années de ma carrière précédente, j’avais le sentiment d’avoir trouvé ma vocation. J’ai été traducteur (de l’anglais vers le français) pendant 13 ans, dont 3 ans en tant que traducteur interne (salarié) et 10 ans en tant que traducteur indépendant. En effet, les premières années de ma carrière de traducteur étaient si passionnantes; j’avais quitté la France pour le Canada après avoir été embauché par une société de traduction canadienne. Je découvrais un nouveau pays et une nouvelle culture et j’apprenais beaucoup sur le plan professionnel.

 

Après quelques années, la routine qui consiste à regarder un écran d’ordinateur de 9 h à 17 h et à traduire des documents répétitifs a commencé à me miner. J’ai donc décidé de m’établir comme traducteur à mon compte. Je me sentais enchaîné à mon ordinateur et j’avais envie de liberté. Être traducteur indépendant m’a permis de voyager à ma guise et de découvrir de nombreux endroits, notamment l’Europe (France, Slovénie, Pays-Bas, République tchèque, Autriche, Allemagne), le Canada (Montréal, Toronto), le Japon, Singapour, l’Indonésie, le Brésil, le Pérou, pour n’en citer que quelques-uns. Chaque fois que je voyageais, je me sentais épanoui; je rencontrais de nouveaux gens, j’écoutais de nouvelles langues, je goûtais de nouveaux aliments et plats, et je vivais de nouvelles expériences. Puis je me retrouvais de nouveau devant mon écran d’ordinateur pour traduire et régressais lentement dans la dépression, le stress et l’irritabilité.

 

Au fil des années, j’ai clairement réalisé que je n’exerçais pas ma vocation. La seule chose qui m’importait lorsque je recevais un nouveau texte à traduire était combien d’argent cela allait me rapporter. J’étais dans une course effrénée à l’argent, me disant jour après jour « Allez, traduis plus pour avoir plus d’argent, pour ainsi avoir plus de liberté, et pour être ainsi plus heureux ». Cependant, ma réalité devenait toute autre; plus je traduisais, plus je me sentais enchaînée à mon ordinateur et privé de liberté, plus j’étais frustré, et moins j’étais heureux. Les seules choses qui donnaient un certain équilibre à ma vie étaient une femme exceptionnelle que j’avais rencontrée et les deux magnifiques enfants issus de notre union. J’étais maintenant devenu papa et je voulais être le meilleur papa du monde étant donné j’avais grandi sans le mien. Je sentais que l’Univers m’avait confié une grande responsabilité. Je devais travailler pour subvenir aux besoins de ma famille, mais j’avais toujours ce sentiment inconfortable d’exercer, à contrecœur, un emploi plutôt que de m’épanouir dans une vocation. Je tirais rarement du plaisir de la traduction et me sentais essentiellement coincé entre l’avidité d’argent et la peur de ne pas en avoir assez. Ce cercle vicieux a duré des années jusqu’à... Covid-19..

 

En effet, lorsque la pandémie de Covid-19 a frappé, j’ai perdu l’ensemble de ma clientèle en relativement peu de temps. Finie la traduction. Je n’avais plus de travail, et ce fut une pilule très amère à avaler. Il a fallu des mois pour la digérer. Un jour, je faisais le deuil de mon ancienne carrière et pensais à ma nouvelle (dont je n’avais aucune idée). Le lendemain, je cherchais nerveusement un emploi dans le secteur de la traduction, de peur de ne rien trouver. Cela ne pouvait plus durer; je devais mettre un terme à ces montagnes russes émotionnelles quotidiennes. J’ai donc commencé à me concentrer sur mon bien-être personnel, notamment par la méditation, les courses matinales, la lecture (principalement en investissement et en développement personnel) et la peinture. Cette décision m’a lentement conduit à voir ce qui se passait. Le fait de perdre mon travail était-il vraiment une chose horrible ? N’en avais-je pas assez d’être traducteur? Aucun doute là-dessus. Même si les choses ne s’étaient pas déroulées comme je l’aurais souhaité, j’étais, en quelque sorte, en meilleure posture et pouvais maintenant me concentrer ce que je voulais vraiment faire. Je pouvais désormais trouver ma vocation! Quelle pouvait-elle bien être? Qu’aimais-je si passionnément au point de vouloir en faire une entreprise ? Aucune idée. Tout ce que je savais, c’est que la seule activité quotidienne qui me faisait vraiment oublier que j’étais sans emploi et sans argent, dans les bons et comme les mauvais jours, était la peinture. À l’époque, je travaillais sur ma plus grande œuvre à ce jour, Casse-tête Africain.

 

Quelques mois plus tôt, je m’étais remis au dessin par ennui. J’avais dessiné quelques portraits et j’étais surpris de voir que j’avais encore la main de mon adolescence. Peu de temps après, en faisant le ménage dans notre maison, je suis tombé sur une jolie boîte de peinture qui appartenait à ma compagne. Elle avait commencé à peindre à titre de passe-temps lorsque nous nous étions rencontrés et avait fini par mettre ce loisir de côté avec le temps. Cette boîte de peinture était en parfait état et remplie de tubes de peinture, de pinceaux, de solvant, bref tout ce dont un débutant a besoin.


J’ai donc décidé de peindre un de mes portraits et ai été plutôt satisfait du résultat. Dès lors, j’ai commencé à dessiner et à peindre de plus en plus. Peut-être que la vocation que je cherchais tant était juste sous mon nez, car plus je peignais, mieux je me sentais. Je pouvais peindre pendant des heures sans m’en lasser. Des idées de thèmes pour des tableaux défilaient dans mon esprit. J’entrais réellement en contact avec mon pouvoir créatif. Avais-je trouvé ma vocation? Oui! Je me sentais à ma place, épanoui. Ma graine d’art avait germé et ne cessait de croître. Le plus drôle, c’est que cette graine d’art avait toujours été là. Je devais simplement l’arroser. Depuis, c’est ce que je fais chaque jour et je serais heureux de partager sa croissance avec vous dans cette section de mon site Web. Aussi, je vous encourage à vivre votre vocation ou à la trouver si ce n'est pas encore fait. Trouvez votre graine et arrosez-la. Faites la germer, croitre, prendre racine en vous chaque jour afin de vous épanouir pleinement dans cette grande forêt qu'est le monde.

8 réflexions sur “COMMENT AI-JE FAIT POUSSER MA GRAINE D'ART?”

  1. Un artiste inspiré et inspirant, des toiles qui provoquent des émotions… en somme, un voyage pour l’esprit et l’âme.
    Bravo pour le courage dont tu as fait preuve.
    Je te souhaite beaucoup d’épanouissement dans cette nouvelle vie et un grand succès aussi!

  2. super d avoir montré ton univers . Ça montre que nous devons suivre nos pensées et retrouver notre paix intérieure.bravo et merci.ca nous donne une idée.

  3. Bravo pour ton courage et merci de nous avoir partagé ton histoire qui est très inspirante.
    Il faut savoir écouter sa petite voix intérieure pour se laisser guider vers la voie de l’épanouissement personnel. Plus facile à dire qu’à faire et tu l’as fait! Encore bravo
    Je te souhaite un IMMENSE succès.

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